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Saint-Gildas autrefois Imprimer

Anne Juguet et Jean-Pierre Payen ont rencontré Bernard Gouy…

Né en 1917 à Surzur, Bernard Gouy avait trois ans quand sa famille est venue s’installer à Saint Gildas, à la Villeneuve. Son père était cheminot sur la  ligne Vannes Port Navalo via Saint Gildas puis il a acheté une maison à Kerpont et y a créé une petite ferme. Sa mère y vendait les légumes.

 

 

A quoi ressemblait Saint Gildas, dans votre enfance ? 

C’était un village très vivant, avec beaucoup d’habitants et de commerces (2 boulangeries, 2 boucheries …). A cette époque, on circulait à pied, il n’y avait pas de voitures, alors les gens étaient souvent dehors, ils marchaient à pied dans les rues. Il y avait quelques charrettes à chevaux.

Le rues n’étaient pas goudronnées comme aujourd’hui. Certaines étaient empierrées par les fermiers qui allaient chercher les pierres au Lindin. Parfois, quand ils ne pouvaient pas payer leurs impôts, ils offraient leurs bras pour casser des cailloux. Beaucoup de rues étaient simplement en terre. Pour aller d’un village à l’autre, on empruntait les chemins creux. Les enfants allaient à pied à l’école. Même Marie-Jeanne Laurent, qui boitait pourtant, venait à pied du Net et les enfants Volant de Kermaillard… Ça faisait une trotte !

L’école, justement, pouvez-vous nous en parler ? 

A cette époque, il y avait trois écoles . Il y avait une école religieuse de filles au Clos Saint Félix, dirigée par Mademoiselle Lorvol avec 2 classes. Les deux autres étaient des écoles de la République.  En bas du bourg, à Kéruzen, c’était l’école des filles, dirigée par Madame Morice. Nous, les garçons, allions à l’école située sur la place de l’église. Nous étions de 90  à 100 enfants ! Je me rappelle de Madame Faignault, qui s’occupait des petits et de Monsieur Kérignard qui s’occupait des grands. On nous appelait :  les enfants de l’ « école du diable ».

C’était la guerre, entre les deux écoles ? 

Oh, oui ! Au catéchisme, les enfants de l’école du diable étaient assis sur le banc du fond pour qu’ils ne se mélangent pas aux enfants de l’école du Bon Dieu et quand on n’avait pas bien appris l’Histoire Sainte, le père Le Gougech nous donnait des coups sur la tête avec la grosse clé de l’église. Ça rigolait pas, à cette époque ! Je me souviens bien aussi du père Lozerech. Lui, il était gentil !

L’église tenait une grande place ? 

Oui, l’église avait de l’argent et de l’influence. Vous savez qu’à cette époque, on payait sa place à l’église : chacun avait son banc et il ne s’agissait pas de prendre celui des autres !

Les enfants qui n’allaient pas régulièrement à la messe n’avaient pas le droit de faire leur communion. Et puis, quand les gens mouraient, pour accompagner le cercueil, la procession n’avait qu’une croix pour les pauvres, deux croix pour ceux qui avaient un peu plus d’argent, trois croix pour les riches. Ici, il n’y avait pas de classe moyenne : on était riche ou pauvre !

Les curés, eux, n’étaient pas pauvres, on leur faisait beaucoup de dons. Les religieuses étaient riches, elles avaient beaucoup de terres. 

Où se trouvaient les bâtiments publics ? 

Il faut que je vous explique : la Mairie, à cette époque était dans le bâtiment qui sert de bibliothèque aujourd’hui, le bâtiment de droite. L’école publique des garçons était au milieu et à gauche, il y avait des appartements.

La poste était dans l’actuelle rue du Général de Gaulle, dans la boutique à côté du marchand de journaux.

Le village a bien changé. A cette époque, il y avait quatre fermes rien que dans le bourg. Celle de Pierre Mahé se trouvait sur la place de l’église, puis, à la suite, il y en avait trois autres : celles de Galerne, Le  Molgat et Fardel. Il faut que je vous raconte : un jour, il y avait un baptême et le père Lozerech avait ouvert grand la porte de l’église. Le cheval de Mahé, qui paissait sur l’herbe,  est rentré dans l’église et a bu toute l’eau bénite.

A cette époque, presque tout le monde avait une ou deux vaches… Les gens, ici, vivaient de la terre. A Saint Gildas, il y avait deux moulins : celui de Picon et celui de Kéroman. Les gens y apportaient leur grain à moudre. Nous, les gamins, avant les moissons, nous aidions le meunier à égaliser la meule en la frappant avec des cailloux.

 

 

 

Actuellement, place Mgr ROPERT le bâtiment à droite était l’école des garçons (aujourd’hui médiathèque ), les bâtiments de gauche ainsi que le jardin ont disparu dans les années 1950 pour former la place que l’on voit aujourd’hui

A quoi servait la « Tour Prison » ? 

J’y ai travaillé comme apprenti boucher. C’est là que Thomer vendait sa viande avant d’avoir sa boutique rue des korrigans. A 14 ans, je tuais déjà les veaux, les cochons… Je me souviens, on allait vider le sang avec une brouette dans une fosse à Cornaud.

J’ai connu les voitures à cheval pour livrer la viande à Brillac, Kerassel, le Logeo. Nous détaillions la viande chez la tante de André Mocquart, au Lindin. Vous savez, on ne chômait pas, on travaillait tout le temps. Je vais vous dire, quand Thomer a installé sa boutique rue des korrigans, on a « carrelé » toute la surface du sol avec des assiettes de porcelaine qu’on cassait en petits morceaux… Vous voyez des jeunes faire ça aujourd’hui ?

 

Quelles étaient les distractions des jeunes ?

 

Moi, j’étais boucher, comme je vous l’ai dit. Je n’avais que le dimanche après-midi de congé. Entre apprentis, on sortait alors. On allait à la plage, on se baignait ou on faisait des virées à Port Navalo, au bal de la Criée ou encore à la kermesse... Il n’y avait pas la télé à cette époque, alors le soir, on se réunissait pour des veillées en famille ou avec les voisins.

Vous pouvez nous parler du  « petit train » sur lequel travaillait votre père ? 

Bien sûr ! C’était le seul moyen de se déplacer, d’aller à Sarzeau ou Vannes. Il y avait cinq gares dans la presqu’île. Le train sifflait en y arrivant et en repartant. Avant guerre, c’était un train à vapeur. Parfois, il devait s’arrêter à la citerne de Saint Gildas pour faire l’appoint d’eau. Souvent, c’était les gens d’une même famille qui travaillaient au petit train : plusieurs de mes tantes étaient responsables des gares , comme Madame Le Fur, au Net, qui n’était guère aimable !

Tous les commerçants utilisaient le train pour faire livrer leurs marchandises. Quand l’abattage des bêtes à viande a été interdit sur la presqu’île, les bouchers utilisaient le train pour envoyer les bestiaux à l’abattoir de Vannes.

Après guerre, il y a eu une automotrice.

  

 

Il y avait des touristes à Saint Gildas ? 

Pensez, il y avait 4 hôtels : Le Seven, Gicquel, Bellevue et Amisse. Et  pour boire un coup, les cafés ne manquaient pas : 4 au bourg, 2 à la Saline, 1 au Net, 1 à Kercambre, et 2 à Kerfago. Le cidre allait bon train lors des parties de boules. A Kerfago, il y avait la pension de Madame Giquel, l’arrière-grand-mère de notre maire actuelle. Elle avait fait installer des cabines sur la plage, les touristes les louaient quand ils venaient en vacances. Mais le domaine maritime les lui a fait démolir. A cette époque, Kerfago était le plus beau village avec le château des Chudeau. On avait du beau monde à Saint Gildas ; Simone Signoret y a vécu, on la voyait au bal. Son frère est même mort dans la baie d’Abraham. Et puis, il y a eu les Messmer, ils étaient gentils ! La mère de Pierre avait 6 mois de plus que moi.

Nous discutons avec Bernard Gouy depuis déjà 2 heures… Il est intarissable : que de souvenirs dans une vie de 92 années !  Il va falloir nous quitter et Bernard est désolé : il a tant de choses encore à nous raconter… Sur le pas de la porte, il nous fait un signe de la main et  nous lance : il faudra revenir !   

AJ 03/09

 

Les origines

Aux origines de la Presqu’île de Rhuys on trouve Saint-Gildas. C’est parce qu’au début du VIè siècle un moine breton nommé Gweltas a décidé de fonder ici une abbaye celtique, que tout a commencé à prendre vie : les forêts impénétrables ont été entamées, les salines creusées, les premiers moulins ont commencé à moudre le grain des premières moissons.

Ni Sarzeau, ni Arzon, ni Suscinio, ni Le Crouesty bien sûr n’existent encore, mais l’Abbaye de Saint-Gildas porte son rayonnement bien au-delà des frontières de la Presqu’île.
Durant les siècles qui suivront, ni les ducs bretons, ni les bourgeois sarzeautins n’ont remis en cause cette primauté spirituelle et intellectuelle. Cela certes a disparu aussi. Peut-être en reste-t-il quelque chose, lorsqu’on s’attarde au chevet roman de l’église abbatiale, ou que l’on descend les marches raides qui mènent à la « Bonne Fontaine »sous le Grand Mont, au lieu-même où débarqua, dit-on, le père fondateur.

Si Saint-Gildas possède quelques centaines de mètres de rivages sur le Golfe du Morbihan, la commune regarde le large. Le Grand Mont constitue un merveilleux belvédère d’où l’on découvre par temps clair, la baie de Quiberon dans son intégralité, depuis le Croisic jusqu’à Quiberon avec, en face, le rempart des îles.
Pour cela sans doute, de tous temps, les Gildasiens furent marins plutôt qu’hommes de terre.

 

Une photo au hasard...

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